En prévision de la date du 8 mars 2010, les femmes dans plus d’un milieu socioprofessionnel, ont réservé une attention grande aux pagnes imprimés avec la marque « journée de la femme et parité ». C’était à l’initiative du ministère du Genre, Famille et Enfant. Du tac au tac, des intermédiaires véreux sont entrés en danse, et le marché desdits pagne a basculé dans la spéculation. Il a été créé l’illusion d’une rareté en vue de motiver la hausse des prix. C’est ainsi que le prix n’a pas été identique : 25 dollars ou 30 dollars, selon que l’on se procure le pagne auprès des mains autorisées ou non.
Les observateurs font le constat que l’édition 2010 de la « version congolaise » de la journée mondiale consacrée aux femmes n’est pas sortie des sentiers battus. A qui profite la digression ? Serait-on tentée de s’interroger. Car si accéder au pagne neuf a été la préoccupation de toute femme, avoir le pagne de la fête 2010 a été le rêve de celles qui ont une image à revendre. Cette façon de réduire la substance d’une fête au port de pagne a fini par conditionner l’homme de la rue.
Dans les ateliers de couture, la semaine a été chargée pour des raisons imaginables. Pour les Kinois fiévreux de spectacles, la journée du 8 mars s’assimile, dès lors, à une festivité de défilé de mode à un champ étendu. Gare que d’éventuels pêcheurs en eau trouble ne transforment l’occasion à la journée de la Saint-Valentin, vécue sous forme de journée de tolérance généralisée. Et en pareilles circonstances, des répertoires, agendas et carnets d’adresses se renflouent, au besoin se renouvellent.
L’entendement inférieur est si complexe de manifestation qu’il pourrait entraîner dans la confusion tout un peuple. Faut-il rappeler que le port de pagnes occupant le centre des préoccupations relève de l’entendement inférieur ? Dans la mesure où la journée internationale des femmes devrait donner lieu à l’organisation des conférences et autres activités culturelles intéressant un grand nombre. Les grandes idées conduisent le monde, dit-on. En s’arrêtant et en dressant un état des lieux de la situation des femmes dans le monde, les décideurs, avec les Ong militant pour les femmes ferraient œuvre utile. Car la parité, ce terme qui occupe le centre des discours ne devrait pas limiter son rayon à Kinshasa, voire à quelques femmes de la capitale. C’est une affaire nationale et des équipes de terrain devraient affronter la base dans l’arrière-pays, pour passer le message.
« Dans la symphonie humaine, chacun joue sa partition », a dit l’Universitaire français René Troisfontaines. Cela étant, il serait souhaitable que le gouvernement et ses partenaires militant pour les femmes rendent disponibles des énergies nécessaires, en vue de sortir de son complexe les femmes de l’arrière pays.
A ce jour, les aspirations des compatriotes établis dans l’arrière-pays souffrent d’une prise en compte précaire. C’est pourquoi l’on constate que les gynécologues et les pasteurs des églises de réveil se raréfient dans l’arrière-pays. A l’heure où l’entendement inférieur canalise l’attention des femmes urbaines dans les pagnes, que dire de celles de l’arrière-pays ? Pour tout dire, les préoccupations vestimentaires ne sauraient élever le mental collectif féminin à un niveau idéal et favorable à la mise en train de la parité.
Payne |